Etude de Façade

Projet d'architecture pour la façade du Théâtre des Champs Elysées. Vue en élévation - douzième étude

  • Antoine Bourdelle
  • vers 1913
  • plume et encre de Chine, aquarelle sur papier vélin
  • MB D 1368
  • Museum : Bourdelle Museum

En janvier 1910, Bourdelle est appelé par Gabriel Thomas – le premier commanditaire de  L’Héraklès archer  sur le chantier du théâtre des Champs-Elysées. Chargé de réaliser le décor sculpté du théâtre, Bourdelle s’improvise bientôt  architecte et se révèle un puissant maître d’œuvre.

En décembre 1910, à la demande de  Gabriel Thomas, il reprend une première fois le dessin de la façade, corrige  le plan de l’architecte Henry van de Velde (1863-1957),  jugé  trop  « germanique ».

Au début de l’année 1911, les frères Perret, Auguste (1874-1956) et Gustave (1876-1952), sont sollicités comme  entrepreneurs pour la réalisation du gros œuvre du bâtiment. Ils proposent un contre-projet plus audacieux, fondé sur une structure en béton armé. Henry van de Velde  est évincé.

Le 20 juin1911, Auguste Perret présente la maquette d’une façade en béton armé plaquée de marbre, en partie aveugle. Le conseil d’administration du théâtre la récuse. Une fois de plus, Gabriel Thomas appelle Bourdelle en renfort. En trois semaines et treize esquisses, il retravaille le projet. Exécutée au Té et à l’équerre, rendue à la gouache, cette douzième étude prouve la capacité innée du sculpteur  à « tout concevoir en monument ». Le parti horizontal de Perret est abandonné au profit d’un rythme  vertical, scandé de  hautes baies.

Le dessin des décors en haut relief de la frise ne répond pas encore aux choix définitifs de Bourdelle. Mais les figures de ces métopes  épousent déjà  les lignes de l’architecture. Aucune saillie, aucune ombre ne vient  « offusquer la muraille lisse »,  ni masquer l’ossature. Où l’on voit que le temple de la musique est aussi un temple grec – une interprétation moderne du Parthénon.