Luca Giordano
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Pourquoi Luca Giordano est un peintre incontournable

Cet automne, le Petit Palais expose, grâce à la collaboration exceptionnelle du musée de Capodimonte, le peintre napolitain Luca Giordano (1634-1705). À découvrir jusqu’au 23 février 2020.

Il a marqué le XVIIème siècle européen – dit Seicento –, travaillé en Italie et en Espagne pour de très grands commanditaires, et réalisé des fresques peintes à l’ambition hors-normes. Pour sa toute première rétrospective française, le napolitain Luca Giordano se découvre au Petit Palais en 90 œuvres, tableaux et dessins, et une salle numérique immersive, qui restitue son amour des grands formats. Un rendez-vous immanquable pour les amoureux de peinture ! Mais alors : pourquoi Luca Giordano est-il un peintre incontournable ?

Car il était tout à la fois Caravage, Ribera, Rubens, Titien et Tintoret !

Luca Giordano

Vue de l'exposition "Luca Giordano (1634-1705). Le triomphe de la peinture napolitaine" - Photo : Raphaël Fournier

Lorsque Luca Giordano naît à Naples, en 1634, la ville est la plus grande de l’Europe méridionale, et brille par son importance. Le terreau est favorable au développement d’un jeune artiste ambitieux : le père de Giordano le fait d’ailleurs travailler sans cesse. Il lui montre des estampes des plus grands artistes européens, qui nourrissent son imaginaire. Rapidement, Giordano devient extrêmement cultivé, et se fait spécialiste des imitations.

Il se forme dans le sillage du peintre Jusepe de Ribera, représentant de l’école napolitaine, et pastiche les plus grands artistes – Titien, Corrège, Guido Reni ou Rubens. Virtuose, il s’amuse beaucoup dans ces exercices d’admiration périlleux, et multiplie dans ses œuvres les clins d’œil évocateurs aux artistes tant de fois vus et admirés.

Parce qu'il a réalisé des milliers de tableaux

Luca Giordano

Vue de l'exposition "Luca Giordano (1634-1705). Le triomphe de la peinture napolitaine" - Photo : Raphaël Fournier

Giordano est extrêmement productif : on le surnomme « Fa Presto » (« Qui va vite »), tant il travaille vite, grand et avec éclectisme ! Au total, il réalisera au cours de sa carrière près de 5000 œuvres. Et ce, avec un style bien à lui, qui se définit par des compositions dynamiques et lumineuses, parfaites pour les commandes d’envergure.

Car l’artiste adore travailler sur de très grands formats, et produire des fresques monumentales. Il décore de nombreuses églises napolitaines, ainsi que des palais italiens et espagnols. Une salle entière de l’exposition rend justice à cet aspect grâce à de spectaculaires projections numériques de peintures sur les murs et au plafond.

Parce que c'était une star internationale

Dès le début de la carrière de Giordano, Venise et Florence remarquent son talent et le sollicitent ; puis, c’est l’Espagne, qui l’invite dès le début des années 1660 à décorer une salle de l’Escurial, résidence royale et siège du pouvoir politique et religieux. Il continuera en 1692, en réalisant les fresques de l’escalier, des voûtes et du chœur de la basilique. Il triomphera auprès du roi d’Espagne Charles II, dont il deviendra le peintre officiel. Même la France l’a invité, selon le souhait de Louis XIV, à venir travailler sur ses terres ! Mais a essuyé un refus…

Parce que c’est un artiste polymorphe, d'un style d’une extraordinaire liberté

Luca Giordano

Luca Giordano, Ariane abandonnée (Ariana Abbandonata), Musée de Castelvecchio, Vérone, Italie © Verona, Museo di Castelvecchio, Archivio fotografico (foto Umberto Tomba, Verona)

De Giordano, on retient donc la liberté totale – il peignait parfois avec les doigts, aimait défier les espaces, aussi vastes fussent-ils, et ce sans avoir besoin de peindre un cadre architectural comme c’était courant à l’époque.

Ce peintre sensuel, largement copié par la suite, a brillé par son amour des compositions tourbillonnantes. Il aimait faire montre de son talent à travers des drapés complexes et des couleurs contrastées, et multipliait les personnages, aux attitudes variées. En somme, Giordano est à la peinture ce que l’opéra est au théâtre : de grands moyens pour de spectaculaires récits !

En savoir plus sur l'exposition

Luca Giordano (1634-1705)
Le triomphe de la peinture napolitaine

Jusqu’au 23 février 2020
Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston-Churchill
75008 Paris

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