Bourdelle et l'antique

"Héraklès archer", par Antoine Bourdelle (1861-1929), sculpteur français.© Albert Harlingue / Roger-Viollet

"Héraklès archer", par Antoine Bourdelle (1861-1929), sculpteur français.© Albert Harlingue / Roger-Viollet

Une passion moderne

Musée Bourdelle

Du 4 octobre 2017 au 4 février 2018

Dans l'histoire des formes comme des idées, pas "d'avancée" qui ne procède d'un "recul", pas de révolution esthétique qui ne passe par la renaissance d'un passé enfoui, la reviviscence d'un patrimoine spirituel et plastique - en l'occurrence celui de la Grèce la plus antique. C'est là que le sculpteur Antoine Bourdelle viendra puiser pour créer les chefs-d’œuvres de sa maturité au tout début du XXè siècle.

Un archaïsme qui passe par une reviviscence de la Grèce antique, de son héritage plastique et de ses figures mythiques. De l’énergie primordiale du mythe, des figures fabuleuses des temps archéologiques, Bourdelle tire la force novatrice d’un « travail net, dépouillé et sans nuance », affranchi de l’esthétique de Rodin. Affranchi aussi des canons de l’académisme comme des conventions du réalisme. Repensée en termes de masses et de plans, soumise à un processus d’épuration et d’altération, la sculpture de Bourdelle fait naître une beauté inédite que la critique dénonce, dans un premier temps, comme « un retour à l’idole du sauvage ». Ce retour à la Grèce conduit à s’interroger sur les antiques – marbres, plâtres, photographies –, dont Bourdelle aura tout à la fois médité et revu la leçon. Paradoxalement, le mouvement même de ce retour à « l’origine » inscrit Bourdelle au cœur de la modernité du XXe siècle, des prospections les plus audacieuses de l’art moderne : celles de Cézanne, de Matisse, de Brancusi, de Picasso. Autour des chefs-d’œuvre de Bourdelle Tête d’Apollon, Torse de Pallas, Héraklès Archer, Centaure mourant, Sapho… l’exposition réunit environ 150 œuvres provenant des collections permanentes du musée, ou de grandes collections publiques et privées.

#Bourdelle

Espace presse