Buddha Amida

GRAND BOUDDHA EN BRONZE PROVENANT DU QUARTIER DE MEGURO

Cette grande statue du bouddha Amida provient d’un petit temple du quartier de Meguro à Tōkyō, le Banryūji, qui dépend  de la secte Jōdo du bouddhisme amidiste. On trouve une illustration dans le Edo meisho zue (vol.7) qui permet d’imaginer le bouddha dans son environnement au cours de l’ère Tempō (1830  1844). Ce temple était consacré à l’enseignement et perdit sa fonction avec l’instauration de l’école publique au début de Meiji.

La statue, qui était à l’air libre après l’incendie du bâtiment qui l’abritait, fut vendue à Cernuschi. Les registres du monastère Zōjōji gardent mention de la demande déposée par deux étrangers par l’intermédiaire d’un brocanteur de l’achat de cette statue pour la somme de 500 ryōs. Les habitants du quartier, si l’on en croit la relation qu’en fait Théodore Duret dans son Voyage en Asie, acceptèrent mal la chose et tentèrent semble-t-il de racheter la sculpture monumentale à Cernuschi. Duret rapporte également dans Voyage en Asie les circonstances dans lesquelles la sculpture fut découpée en pièces pour être envoyée à Paris. Elle fut alors remontée par les ateliers de Barbedienne et exposée au Palais de l’industrie avant de venir prendre place dans la grande salle du premier étage de l’hôtel de l’avenue Vélasquez.

Ce n’est qu’en 1983 que l’origine du Bouddha fut identifiée avec précision. La statue serait antérieure au nimbe, dont la date pourrait correspondre à un remplacement du nimbe d’origine qui aurait été détruit dans l’incendie du temple. Le piédestal en forme de lotus et le nimbe comportent des inscriptions désignant les donateurs ; le nimbe indique les noms de Iseya Chōbei ou encore Minamoto Masamitsu. Le nom de Minamoto Masamitsu n’est pas répertorie dans les rares ouvrages consacres aux fondeurs de l’époque d’Edo. Quant à Iseya Chōbei, il n’aurait été en fait qu’un marchand. Il a fourni des temples bouddhiques ou shintoistes de différentes régions du Japon au cours de la période couvrant les ères Bunka-Bunsei et l’ère Hōreki.

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