Portrait d'Honoré de Balzac

Honoré de Balzac par le photographe Louis-Auguste Bisson

Seule image photographique de Balzac qui existe, le daguerréotype et son double inversé conservé à l’institut de France a pris avec le temps valeur de relique.
Loin d’être un portrait officiel, il fait partie de ceux que Balzac fit faire à des fins privées, à différentes périodes de son existence, pour les offrir aux femmes qu’il aimait.
En 1842, c’est pour Mme Hanska qu’il se rend à deux reprises " chez le daguerréotypeur". Le 2 mai, il en revient " ébaubi de la perfection avec laquelle agit la lumière", comme si le nouveau procédé inventé par Daguerre, fruit de ces recherches scientifiques, techniques et artistiques tout à la fois, auxquelles l’écrivain fut toujours attentif, l’intéressait davantage que sa propre image. Cependant, celle-ci est d’autant plus présente que le contraste entre d’une part sa tenue négligée ainsi que l’absence de tout décor, et d’autre part la pose qu’il adopte, la rend plus énigmatique.
Est-ce la main du " Napoléon des Lettres " qu’il plaque sur son cœur ? Le geste d’un serment de fidélité rappelé à celle qui, veuve depuis quelques mois, est libre désormais? Faut-il derrière ce signe voir l’ange d’une nouvelle et mystérieuse Annonciation ? Ou bien encore y lire la douleur qu’exprime un tel mouvement selon les codes de l’iconographie chrétienne ?
La lettre qu’il écrit à Mme Hanska le 14 mai, le jour où il va " se faire daguerréotyper encore", renforce considérablement cette dernière hypothèse : il lui confie l’angoisse qui l’étreint devant la nécessité de " Toujours créer ! Toujours ! " alors qu’il est " assailli de soucis matériels". " C’est à en perdre la tête. - Oh ! quand viendra vous et la tranquillité. Jamais homme n’aura été préparé par la souffrance pour le bonheur, autant que moi ! "

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