Salon Chinois

décor du Salon chinois provenant de Hauteville Fairy résidence de Juliette Drouet à Guernesey

Le Salon Chinois occupe actuellement l'emplacement du grand salon de Victor Hugo de 1832 à 1848.
Après le coup d'Etat de Napoléon III, le 2 décembre 1851, auquel s'est opposé l'écrivain, ce dernier, proscrit, quitte la France pour la Belgique le 11 décembre, muni d’un faux passeport. Une longue période d’exil commence.
Victor Hugo et sa famille, ainsi que Juliette Drouet, s’établissent tout d’abord à Jersey en août 1852 puis à Guernesey en novembre 1855 (Iles Anglo-Normandes). Le succès éditorial que connaît le recueil de poèmes  Les Contemplations, en 1856, permet à Victor Hugo d’acheter une maison qu'il baptise Hauteville House. 
Juliette Drouet emménage dans la même rue, dans une maison appelée Hauteville Fairy. Le décor d’inspiration chinoise est une partie du décor original provenant de la demeure de Juliette Drouet.
Vendu par Louis Koch, neveu et héritier de Juliette Drouet, à Paul Meurice qui en a fait don au musée lors de sa fondation, ce décor a pu être remonté grâce à des photographies anciennes. Celles-ci montrent de petites pièces et les agendas de Victor Hugo nous révèlent que ces pièces étaient éclairées au gaz. Il faut donc imaginer des pièces modestes et relativement peu éclairées, donnant ainsi une impression d’intimité, le décor très chargé saturant l’espace.
L'élaboration et la mise en place du décor à Hauteville Fairy commença en juillet 1863 et s'acheva le 14 juin 1864. La correspondance de Juliette Drouet avec Victor Hugo en donne quelques échos au cours de l’été 1863. 
Entièrement conçu par Victor Hugo, le décor se déployait dans le salon et la chambre de Hauteville Fairy et peut-être dans une troisième pièce.
Il se compose de panneaux décoratifs peints et dorés, à motifs de personnages, d’animaux et de fleurs où les initiales du poète et celles de Juliette Drouet se mêlent en plusieurs endroits, quelquefois agrémentées d’un papillon évoquant le poème La pauvre fleur disait au papillon céleste… (Les Chants du crépuscule, XXVII). Des caissons garnis d’assiettes ornent également une cheminée qui porte un miroir de Venise et des figures en porcelaine, à la lumière d’un lustre chinois.